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Quand le MEJ s’invite au Carmel


Sœur Marie est carmélite de Saint Joseph à Saint Guilhem le Désert. Pour nous, elle revient sur sa vocation !

« Bienvenue, bienvenue, en route vers un même Dieu, ensemble, nous marcherons mieux,
Bienvenue, bienvenue, tu es différent de moi, je voudrais avancer avec toi… »

Voici avec quel chant, je suis arrivée un jour d’avril 2006 au Carmel St Joseph, toute confiance et aussi toute tremblante, dans ma quête de marche avec le Christ ! Et voilà quel est le chant du MEJ qui dit bien mon chemin de baptisée, de MEJiste, de carmélite.

Alors que je travaillais comme juriste, l’aumônier du MEJ Nancy m’a sollicitée pour être responsable diocésaine du MEJ Meurthe et Moselle, en duo avec Odile. J’avais 31 ans, et étais complètement inculte en ce mouvement, dont je n’avais même jamais entendu parler….Mais depuis quelques temps, j’aspirais à donner, à me donner, à vivre quelque chose d’intense dans ma foi.

Cela faisait une dizaine d’année, que je goutais à l’oraison, prière silencieuse, cœur à cœur avec le Christ, mon Ami.

Bien avant cette demande, alors que j’avais 10 ans, je dis à mon père que si j’étais riche j’aurais beaucoup d’enfants. Humour de l’histoire…ça n’est pas la misère qui m’a amenée dans la vie religieuse !

En fait, je n’y ai pensé que lors de l’année de mon bac. Grande sportive, j’aimais le ski. Le prêtre de ma paroisse proposa une semaine détente-prière, occasion que je saisis pour vivre une semaine de ski…et par politesse, j’allais à la prière. Un soir, lors de cette prière, dans une mouvance un peu charismatique, j’ai senti que Dieu m’aimait, moi personnellement. Sentir, c’est autre chose que comprendre. J’avais grandi dans une famille croyante qui m’avait transmis la foi, le catéchisme….Mais ce soir-là, je fis une rencontre avec Celui qui n’était plus un concept, une transmission de religion, mais Quelqu’un qui venait frapper à ma porte, me proposant une relation d’amitié : Jésus, Vivant.

Les mois qui suivirent furent remplis de questions en moi, durant l’Eucharistie : 20 ans que j’allais à la messe et je me découvrais inculte sur les textes, les pourquoi des mouvements, la lumière rouge etc…Puis, je voulus faire une retraite et le hasard me mena chez les carmélites de l’Emmanuel. Je découvris Thérèse de Lisieux, la petite Thérèse. Elle me façonna par sa proximité avec Dieu et sa confiance.

Je finis mes études de droit, travailla, continua d’approfondir le Carmel et c’est ainsi, que je priais tous les jours. Thérèse d’Avila dit que prier, c’est parler avec Dieu comme à un ami. St Paul dit que ça ressemble un peu à un exercice de sportif : en effet, au début, je priais 5, puis 10 puis 15 et aujourd’hui, je prie 45 minutes.

« Tous en marche sur le même chemin
Prenons le temps de nous arrêter
Notre Dieu a besoin de chacun
Pour accueillir et apprendre à aimer »

La proposition du MEJ donna une couleur autre à ma vie, elle vint mettre de la musique sur des paroles, si je puis dire…

Avec le MEJ, j’appris à exprimer ce qui m’habitait : cette intimité avec le Christ. Mais surtout, l’aspect ludique, l’écoute des jeunes, l’accompagnement, l’exigence d’une formation solide ma fit grandir et fit grandir les jeunes.

En plus de la responsabilité diocésaine, je mis en place une équipe EA (Equipe Apostolique de 18-24 ans). Ensemble, nous avons posé les problématiques de l’entrée dans la vie adulte, nous avons grandi : « Elance toi, ils grandiront » était le thème des Assises du MEJ en 2006. Avec eux, je me suis élancée…

Voilà que j’avais trouvé un duo heureux : une vie de prière et une vie qui disait ce lien intense avec ma vie de prière. Je désirais vivre de ce duo qui s’autonourrit. Et lorsque je lus pour la prière fois la Règle de Vie du Carmel Saint Joseph, je fis le lien automatiquement avec le MEJ : « Ecouter la Parole pour la dire et la dire pour l’écouter encore ». Au MEJ, je disais cette Parole, je disais le Christ de manière toute simple, par ma manière d’être, d’entrer en relation, d’animer des jeunes, de vouloir le meilleur d’eux même….Et je trouvais ce même équilibre dans cette Règle de Vie au Carmel st Joseph.

Alors, je suis allée voir….et les carmélites de Saint Joseph à St Guilhem le Désert, à Lyon m’ont montré leur vie, illustration de ce que j’avais lu dans cette Règle.
Je désirais profondément une vie communautaire avec d’autres, apprendre à vivre la fraternité, me laisser grandir avec d’autres, un équilibre de vie de prière, pour cheminer ensemble à plusieurs.


La communauté du Carmel Saint Joseph

Durant mes premières années au Carmel st Joseph, j’ai créé une équipe EA sur Lyon et intégré l’équipe de formations des Jeunes animateurs. Du bonheur ! Cela m’a permis de continuer à gouter le MEJ, enrichir mes animations et faire le lien avec ma vie de carmélites. Au quotidien, j’ai approfondi ma vie de prière, mon lien avec le Christ, appris à connaitre et aimé le Carmel, appris à me laisser façonner dans la fraternité.

En entrant au Carmel St Joseph, j’ai pu vivre quelque chose en écho avec ce que le MEJ m’avait donné de gouter. Avec mes sœurs, je prie tous les jours, en communauté, à l’oraison (deux fois 45 min) et lors des offices de matin, midi et soir. Et comme chacune des 8 sœurs de ma communauté, j’ai une mission d’annonce de ma foi, d’une manière explicite ou non. Ainsi, j’ai pu vivre une multitude de missions et de rencontres : animation de rues à Lyon, avec l’équipe de Jean-Marie Petitclerc, équipe EA, directrice de camp MEJ au Burkina Faso, accueil des enfants sorciers au Congo, groupe Jeunes Pro, responsable du catéchuménat.


Accompagnement de catéchumènes


Camp MEJ Burkina Faso


Camp MEJ Burkina Faso


Avec les enfants des rues du Congo


Au Congo


Au Congo

Certaines de ces missions m’ont un peu effrayées au début. Lorsque Jésus dit à ses disciples « N’ayez pas peur, je vous ferai pécheur d’hommes », croyez-vous vraiment qu’il n’y avait pas de quoi avoir peur ? Mais ces diverses missions ont élargi l’espace de ma Tente, ils ont élargi ma vision, élargis mon cœur et mon intelligence.

Durant ces années au Carmel, il m’a été donné d’étudier la théologie et la philosophie, au Centre Sèvres, chez les jésuites : des années heureuses pour me donner un fondement solide pour me structurer et aider d’autres à grandir dans la foi.

« Que tu sois d’ici ou d’ailleurs,
Tu nous rends riche de tout ton vécu
En route pour un monde meilleur
Lève toi, ne te crois pas perdu
Prenons le temps de nous accepter
D’accueillir ou d’apprendre à aimer »

En communauté, je vis avec des femmes d’horizons diverses : congolaise, vietnamienne, malgache, libanaise. La vie ensemble, dans l’échange, dans le quotidien, dans les incompréhensions, les disputes et les réconciliations, nous nous enrichissons, nous apprenons à aimer. J’ai été envoyée deux ans au Congo, auprès des enfants des rues, des enfants sorciers. Je me suis enrichie de ce pays, de ses fragilités et de ses richesses. J’ai appris à mieux me connaitre, à vivre avec mes fragilités et celles de mes sœurs.


Avec les enfants des rues du Congo


Avec les enfants des rues du Congo

Au Carmel Saint Joseph, je peux développer cette part de créativité qui est en moi : c’est notamment le cas avec les sessions jeunes professionnels Open Source et lors du Nouvel An passé dans une dynamique ludique et priante.


Open Source

« Reste libre, ose tes rêves fous
Prenons le temps de nous engager
D’accueillir et apprendre à aimer »

Aujourd’hui, je rends grâce pour ce chemin au MEJ, parce que le Seigneur en a fait un chemin vers la vie religieuse. J’apprends à aimer, j’apprends à grandir en liberté. En 2014, j’ai prononcé mes vœux définitifs et parmi les musiciens, il y avait bien sûr des MEJistes !


Engagement définitif


Engagement définitif


Les MEJistes étaient là !

Soeur Marie, carmélite de Saint Joseph
Site : http://www.carmelsaintjoseph.com
Facebook : https://www.facebook.com/carmelitesdesaintjoseph